Pendant plus de 10 ans de recherches menées dans le cadre de la Grappe scientifique biologique (GSB), des ressources incalculables ont été consacrées par les chercheurs et les partenaires de l’industrie à travers le Canada pour trouver des solutions aux problèmes relatifs à l’agriculture biologique, de la production d’animaux d’élevage à la production végétale.
Grain Millers Canada Corp., Nature’s Path et la Prairie Oat Growers Association (POGA) valorisent la recherche en agriculture biologique et jouent un rôle important en tant que partenaires de la GSB en contribuant au programme de sélection d’avoine du Dr. Jennifer Mitchell Fetch.
Lancée en 1986 en tant que petite compagnie de mouture d’avoine en Oregon, Grain Millers Corp. est devenue l’un des plus grands commerçants d’ingrédients d’avoine en Amérique du nord et le plus grand commerçant d’ingrédients d’avoine biologique au monde. Ses champs d’intérêt incluent la manutention et le merchandisage de grains entiers, les aliments de consommation biologiques et conventionnels, et l’import-export de marchandises.
Aujourd’hui, Grain Millers opère ses installations à travers l’Amérique du Nord, dont deux usines situées en Alberta et en Saskatchewan. Son partenariat avec la GSB était un choix naturel car Grain Millers soutient la recherche et l’innovation.
Le modèle des Grappes agi-scientifiques a été lancé en 2008 sous le cadre stratégique Cultivons l’avenir.
« Nous sommes devenus conscients du modèle des Grappes quand Agriculture et Agroalimentaire Canada l’a mis en place lors de la modification de son cadre stratégique en agriculture », explique Terry Tyson, directeur général de Grain Millers. « Nous avons été invités à participer lorsque le secteur biologique a créé une Grappe. Améliorer la génétique des variétés d’avoine, qu’elles soient conventionnelles ou biologiques, est dans notre intérêt et dans celui des agriculteurs qui nous approvisionnent ».
Terry ajoute qu’il « souhaite obtenir une amélioration du potentiel de rendement, de la qualité, des facteurs agronomiques ainsi que de la composition nutritionnelle ».
Outre son généreux soutien logistique et financier, Grain Millers a joué un rôle déterminant dans la préparation de la GSB3 en recrutant un nouveau partenaire pour la recherche sur l’avoine biologique : Nature’s Path a joint la GSB3 en 2018.
Avec plus de 500 produits biologiques vendus dans 40 pays, Nature ‘s Path opère ses usines en Amérique du nord. La durabilité est l’un des piliers de l’entreprise. Son modèle d’affaire est basé sur des pratiques durables par le soutien aux initiatives de charités pro-environnementales. L’idée de soutenir la recherche sur la sélection d’avoine lui allait donc comme un gant.
« Nous avons suivi la recherche menée dans le cadre de la GSB depuis ses débuts en 2009 » explique Dag Falck, directeur du programme biologique chez Nature’s Path. « Nous y avons contribué financièrement durant trois années et sommes activement impliqués dans l’identification des variétés. L’avoine est l’un des principaux ingrédients de nos produits et nous voulons aider les agriculteurs à utiliser les variétés les mieux adaptées à leur production biologique ».
POGA est aussi un grand partenaire du projet de sélection d’avoine biologique. Formée en 1988, POGA est une association volontaire de producteurs d’avoine des Prairies, qui soutient les agriculteurs, la commercialisation de l’avoine, la recherche et le développement. Le soutien à la GSB3 était donc un choix naturel pour POGA.
« POGA soutient tous les agriculteurs d’avoine conventionnel et biologique de l’ouest du Canada » explique Shawna Mathieson, directrice exécutive de POGA. « La demande d’avoine biologique s’accroît et les agriculteurs ont besoin de nouvelles variétés pour répondre à la demande. Soutenir la Grappe ainsi que des projets de sélection d’avoine conventionnel est donc parfaitement logique. Les producteurs d’avoine dépendent de sources extérieures de financement, dont le gouvernement et l’industrie, pour établir et maintenir des programmes de sélection, de recherche et de commercialisation. Faire partie de la GSB est un gain pour tous, de l’agriculteur au consommateur ».
La recherche menée par Dr. Jennifer Mitchell Fetch et son équipe à la station d’AAC de Brandon explore la qualité meunière des cultivars d‘avoine adaptés à la production biologique dans l’Ouest du Canada et à travers le Canada. C’est une recherche continue de cultivars développés pour des systèmes uniques afin de satisfaire les agriculteurs, transformateurs et consommateurs d’avoine.
Après la recherche menée sous la GBS2, deux nouvelles variétés d’avoine ont été homologuées et enregistrées par Grain Millers et sont maintenant commercialement disponibles pour les agriculteurs des Prairies.
« Il est gratifiant que les programmes de sélection aient porté fruit. Nous avons décidé d’enregistrer les variétés quand nous avons réalisé que le marché de grains biologiques était si petit que les principales entreprises de semences ne s’y intéressaient pas » commente Terry Tyson.
Bien qu’ils jouent un rôle important dans la recherche sur la sélection d’avoine, Grain Millers, Nature’s Path et POGA soulignent la nature solidaire de leur rôle.
“Nous avons joué un rôle dans les efforts de post-sélection, mais le Dr Jennifer Mitchell Fetch et son équipe sont responsables du succès du programme jusqu’à présent”, souligne Terry. “Nous apportons un soutien financier et contribuons à définir les objectifs, mais c’est à l’équipe de sélection d’AAC qu’il faut rendre hommage pour avoir réalisé les croisements, sélectionné la bonne descendance, géré les parcelles de semences et les essais de variétés et, en fin de compte, mettre au point la génétique qui commence à rentabiliser l’investissement”.
Le succès obtenu dans le cadre de la Grappe motive l’équipe de recherche et ses partenaires.
« Nous espérons que le programme de sélection sur l’avoine se poursuivra pour développer des variétés d’avoine qui seront beaucoup mieux adaptées à la production biologique ».
Dag est d’accord. « Idéalement, nous allons observer le développement de plusieurs variétés d’avoine dotées de traits spécifiques utiles dans les systèmes de production biologiques qui utilisent peu d’intrants, en incluant le rendement, la résistance aux ravageurs, aux maladies et à la verse. ».
« Il importe de savoir si les réponses génétiques diffèrent par rapport aux conditions qui prévalent en production biologique, ajoute Terry. L’importance n’est pas placée sur les perceptions et la commercialisation, mais plutôt sur l’amélioration des cultivars, pour améliorer le potentiel de base pour les agriculteurs et les meuniers biologiques et maximiser les qualités nutritionnelles pour les consommateurs ».
(GSB3) Publié à l’origine dans La science du bio au Canada, numéro #2, printemps 2020