Dr Maxime Lefebvre et son équipe s’efforceront de mieux comprendre et prévoir le mouvement et l’abondance des espèces de ver gris selon différents scénarios climatiques en étudiant l’effet de facteurs biotiques et abiotiques sur la dynamique des populations. Les modèles prédictifs qui en résulteront serviront à optimiser les méthodes de contrôle du ver gris en maraîchage biologique.
Objectifs de recherche
- Évaluer les conditions favorables aux populations de ver gris moissonneur et à la survie des œufs et des larves
- Développer des modèles prédictifs et évaluer l’impact des changements climatiques
- Développer des méthodes de lutte contre le ver gris en maraîchage biologique
Ressources connexes
Progrès et résultats
Mise à jour de la recherche (mars 2026)
POINTS CLÉS À RETENIR (OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES)
- La modélisation des trajectoires du vent a permis d’identifier les origines potentielles des papillons migrateurs de la chenille noire ainsi que les régimes de vent associés à des taux élevés de capture, mais l’intégration de variables météorologiques supplémentaires est nécessaire pour améliorer la prévision des événements migratoires.
- Des modèles phénologiques pour la noctuelle à flancs sombres sont en cours d’élaboration. Les futurs modèles prédictifs intégreront des informations sur les ennemis naturels, les facteurs environnementaux et le comportement des noctuelles afin de mieux prévoir la dynamique des populations.
- Des parcelles d’essai ont été mises en place pour évaluer les effets du désherbage mécanique et des pratiques de gestion des agroécosystèmes, telles que les bandes fleuries, sur les populations de vers gris.
Mise à jour de la recherche (mars 2025)
Liens et ressources supplémentaires
Fiche d’information (Mars 2026) Étude des rétro-trajectoires des vents pour comprendre la migration du ver-gris noir au Canada
Article (Déc 2025) Les ravageurs débarquent! : mieux comprendre la migration des vers-gris
Contexte
Tiré de la proposition de l’activité recherche :
La recherche en biovigilance est essentielle pour comprendre et combattre les effets des mouvements de ravageurs et adapter les façons de procéder à la ferme afin d’améliorer la santé des cultures dans un contexte d’adaptation au changement climatique. Les vers gris font partie du complexe de ravageurs infligeant des dommages à un large éventail de productions agricoles et de secteurs. L’abondance d’espèces migratrices, telle Agrotis ipsilon, soit le ver gris noir (VGN) de la noctuelle ipsilon, est assez difficile à prévoir. Néanmoins, notre capacité de compréhension et de prévision, suivant différents scénarios de changement climatique, améliorera la résilience du secteur biologique, et bien plus.
Euxoa messoria, ver gris moissonneur (VGM), est aussi l’une des principales espèces du complexe des vers gris susceptible de causer une perte totale de récolte en cas de forte pression. Les modèles prédictifs et les prévisions d’infestations à risque constituent des outils importants pour mieux comprendre la dynamique des populations et les facteurs environnementaux qui réduisent les dommages du VGN en deçà des seuils économiques.
Ce projet propose d’étudier les facteurs biotiques et abiotiques qui agissent sur la dynamique des populations de VGN et VGM afin de développer et de bâtir des modèles prédictifs du risque d’infestation et d’appuyer le développement et l’optimisation de nouvelles méthodes de lutte. Pour y parvenir, trois activités principales seront menées :
1) Premièrement, la dispersion sur de grandes distances du VGN et les risques au champ dans l’Est du Canada seront étudiés en utilisant les données météorologiques historiques pour décrire la trajectoire des vents, les systèmes de pression et les dénombrements de papillons dans les réseaux de pièges provinciaux ces 13 dernières années.
2) Deuxièmement, les conditions favorables aux populations de VGM et la survie des œufs et des larves seront étudiées afin de développer des modèles prédictifs. Des modèles basés sur les processus seront développés à partir de la littérature et étayés par des expériences sur la mortalité des œufs et des larves et les facteurs de développement. Les modèles seront développés avec des essais de laboratoire et des observations de terrain dans la Plateforme d’innovation en agriculture biologique (PIAB) de l’Institut de recherche et de développement pour l’agroenvironnement (IRDA).
3) Finalement, le développement de méthodes de lutte contre les vers gris en maraîchage biologique sera réalisé à la PIAB, ou la vulnérabilité des larves au désherbage mécanique sera évaluée. Cela mènera au développement d’une nouvelle approche d’optimisation des opérations agricoles et d’une nouvelle méthode de lutte contre les parasites vivant dans le sol, comme les vers gris. De plus, des approches agroécosystémiques stimulant les facteurs de mortalité naturelle des œufs et des larves seront étudiées.
La compréhension des risques d’infestation par le VGN et le VGM en fonction de conditions multifactorielles favorables, dans une perspective de changement climatique, constitue un enrichissement des connaissances. Le projet fournira de nouvelles méthodes et approches de lutte antiparasitaire basées sur une coordination précise de la colonisation des cultures par les larves et du désherbage, afin d’augmenter la mortalité des vers gris. Les résultats de recherche répondront au besoin critique de mieux comprendre et de réduire les dommages infligés par les vers gris aux fermes biologiques.
L’équipe de recherche
Dr Maxime Lefebvre
Dr Maxime Lefebvre est chercheur à l’IRDA. Il y a commencé sa carrière en tant qu’assistant de recherche en entomologie maraîchère, puis a obtenu un doctorat en sciences végétales à l’Université McGill. Ses principaux champs d’expertise sont l’entomologie, l’agriculture biologique, la lutte antiparasitaire dans les cultures maraîchères, les pratiques agroenvironnementales, le désherbage mécanique et les alternatives aux pesticides.
Équipe de recherche - Activité 15
Nom | Affiliation |
|---|---|
Laurence-Jochems Tanguay | IRDA |
Justin Ouellette | IRDA |
Elmer Iquira | IRDA |
Mick Wu | IRDA |
Meghan Vankosky | AAC, Saskatoon |
Julien Saguez | CÉROM |
Anne Blondlot | Ouranos |
Jenny Leblanc | Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) |
Ève Cayer | Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) |
Tracey Baute | Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Agroentreprise et ministère des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) |
Claude Bertheleme | DAAF/MAAP |
Nous avons demandé à Dr Maxime Lefebvre :
Qu’est-ce qui vous a mené à ce projet de recherche?
Les vers gris forment un complexe d’espèces énigmatiques. Parmi toutes les opportunités de recherche, j’aime entreprendre des projets qui satisfont ma curiosité tout en aidant les productrices et producteurs à résoudre un problème pour lequel il existe peu de solutions à cause d’un manque de connaissances. C’est le cas du ver gris.
Où se déroule votre activité?
Principalement au Québec, mais nous utiliserons des données de piégeage de l’Ontario pour construire un modèle prédictif des infestations de vers gris moissonneur. De plus, le modèle de répartition et de phénologie de ce ver gris sera validé avec des observations faites au Nouveau-Brunswick.
Qu’est-ce qui vous a attiré dans la recherche en agriculture biologique?
Je tire beaucoup de satisfaction de favoriser les méthodes le plus durables possible, où toutes les composantes de l’agroécosystème sont prises en compte, tout en aidant à résoudre les problèmes qui se posent en production.
Comment encouragez-vous ou formez-vous la prochaine génération de scientifiques?
J’aime partager mes connaissances, et c’est dans un esprit de collaboration et de soutien mutuel que je forme la prochaine génération de scientifiques.
Qu’aimez-vous faire dans vos temps libres, quand vous ne travaillez pas sur vos projets de recherche?
Dans le peu de temps dont je dispose, j’aime faire de la course à pied.